Autisme : une expérience d’intégration réussie en milieu professionnel

Posté le 16 octobre 2013

Salhi entouré de l’équipe du restaurant d’entreprises Compass Group France – Eurest à Fontenay-sous-Bois

Salih a été diagnostiqué autiste dès son enfance. Il est rentré à l’Institut Médico-Educatif de Rosny «  Le Soleil d’or » en 2006 à l’âge de 12 ans. Il était l’un des jeunes les plus avancés dans la structure et son projet comportait une intégration en milieu professionnel, précise Nathalie, éducatrice à l’IME. Aujourd’hui âgé de 20 ans, il participe chaque vendredi au « coup de feu » de midi dans un restaurant d’entreprise à Fontenay-sous-Bois.

C’est en cherchant un lieu de stage pour Salih, en 2008, qu’une institutrice de l’IME APAJH de Rosny  prend contact avec le gérant d’un restaurant d’entreprises Monsieur Lasry. J’aime donner un coup de pouce à des personnes qui en ont besoin, confie t-il. C’est ainsi que Salhi a intégré l’équipe de son restaurant pour un stage.

Les personnes accompagnant Salhi dans le cadre de son stage (à gauche Luc son éducateur et à droite le gérant M. Lasry)

« L’éducatif, c’est inventer des stratégies »

Andy, l’éducateur qui l’a suivi à ses début au restaurant est fier de son parcours. Il a commencé par travailler une demi-heure, puis une heure jusqu’à 3 heures par semaine. Au bout d’un an, je n’avais plus besoin de l’accompagner. Un taxi vient le chercher à l’IME et le ramène à ses activités.

Salhi a essayé des stages en ESAT qui n’ont pas été concluants. Selon Nathalie, l’éducatif, c’est inventer sans cesse des stratégies. Horaires progressifs, nouvel éducateur, travail le vendredi lorsque l’affluence est moindre, tous ces petits détails ont concourru à la réussite de cette expérience en milieu professionnel.

« On abandonne pas, on avance ! »

Au départ, on a analysé tous les postes où Salhi pouvait travailler, explique Monsieur Lasry. Il a testé le service, la légumerie, le condtionnement et c’est la plonge qui convenait le mieux. J’ai sensibilisé les équipes et leur ai dit “On abandonne pas, on avance”. Et ils ont relevé le défi !, explique t-il. Aux côtés de ses collègues de la plonge, Salhi réalise des gestes répétitifs qu’il maîtrise et qui sont sans risque de blessure pour lui ou pour les autres. Au quotidien, il est en relation avec le personnel avec qui il se sent en confiance.

Dans ce restaurant d'entreprises, l’équipe de la plonge récupère chaque jour 1200 plateaux repas.

En 4 ans passés au restaurant à raison de 1 à 3 heures par semaine, le jeune garçon a réalisé d’énormes progrès. Luc, l’éducateur qui le suit, sait bien que même s’il conserve des stéréotypies[1], sa différence n’est plus aussi visible. Il est à l’aise, il serre la main et salue tout le personnelCette expérience lui a donnée plus de confiance et sera utile au moment de son orientation professionnelle.

A la sortie de l’IME, Salhi pourrait entrer dans un Service d’Accompagnement à la Vie Sociale[2] à Montreuil. Les éducateurs travaillent sur son autonomie afin qu’il puisse prendre les transports en commun pour se rendre sur son lieu de stage. Défi relevé pour les éducateurs, le chef du restaurant qui dit vouloir « plus loin avec lui » ainsi que la directrice Arlette Gautheron qui est intervenue à tous les niveaux pour faire en sorte que cet établissement pour jeunes autistes voit le jour en 2006.


[1] Reproduction involontaire et continue des mêmes mots, gestes ou tics. La personne peut ainsi dire en boucle la même syllabe par exemple : on parlera d’écholalie, ou de stéréotypie verbale.

[2] Service qui aide les personnes en situation de handicap à vivre à domicile et accompagne leur apprentissage de l’autonomie.